Non-réactivité ou complicité passive de M. Bréart, Procureur de la République

 

Destinataire : Michel Bréart -Envoi recommandé avec accusé de réception

Aucune réponse de M. Bréart

le 19 février 2002

Monsieur le Procureur de la République

Notre retour en France alors que nous avions une situation professionnelle, une vie sociale et que mon compagnon, père de ma fille Jo avait toujours vécu hors du territoire national bien qu'étant français avait un objectif essentiel : mettre Jo sous la protection de l'Etat français, c'est-à-dire des Lois françaises alors que celle-ci ne semblait pouvoir être assurée à Libreville (Gabon) où la situation politique déclinait et nous paraissait aléatoire. La sécurité n'est-elle pas à la base du contrat social? Sans elle, aucune liberté individuelle ou collective ne peut être effective. La sûreté est le premier droit du citoyen. Assurer la sécurité des (biens et des ) personnes est le premier des devoirs de la République vis-à-vis des citoyens. Et c'est bien la raison pour laquelle la sécurité est parmi les questions au centre du débat public en cette époque de campagne électorale.

Ainsi nous ne sommes pas rentrés en France à cause d'elle mais pour elle, ceci est une distinction qui mérite d'être relevée aujourd'hui alors que nous ne pouvons que constater la disparition de notre enfant. J'utilise ici volontairement le vocable 'disparition' car celle-ci n'a pas parue depuis le mardi 15 janvier dernier. Nous ignorons la nature de cette disparition : fugue? L'hypothèse la plus vraisemblable mais en ce cas on peut s'interroger sur les motifs de ce départ soudain. Et au bout de cinq longues semaines, il nous est impossible de ne pas évoquer mentalement toutes les hypothèses.

Nous ne cessons depuis ce jour de chercher notre fille, de diffuser un appel à témoins (en vain) par voie d'affichage, par internet et intranet sur un réseau de recherche publique, d'interroger la nuit les populations les plus démunies vivant dans différents squatts… soutenus par des agents de l'Etat sur le terrain.

Depuis le mois de mai, nous n'avons pu que constater la carence, le manque de moyens, de coopération, d'interraction… des différents services de l'Etat. Là, où certains utiliseraient le terme d''incompétence', que personnellement je me refuse à employer, j'utiliserai celui de manque de discernement et d'écoute. Il est sans doute difficile d'appréhender de l'extérieur une situation, aussi je peux comprendre sans l'admettre pour autant, le fait que ma fille Jo qui avait besoin d'être structurée, encadrée pour s'épanouir, ait pu se retrouver placer chez un

couple de retraités, dans une ferme, à la campagne, isolée de tout et de tous. M. Debladis comme Me la juge pour Enfants Odile Barral n'ont pas compris notre préoccupation(alors que celle-ci connaissait le problème posé par J. S.) qui n'a toujours été que l'intérêt de Jo et nous ont jugé comme des parents indignes, trop sévères parce que nous refusions que celle-ci puisse comme ses camarades de son âge, passer toute la nuit dehors sans savoir où et avec qui! Nos valeurs éducatives diffèrent, cela ne fait aucun doute.

Je suis tout de même amenée à m'interroger sur le fait que Me Barral n'est pas révisé sa décision de placer Jo chez M. Simon suite à ma lettre du 5 décembre 2001…

Comme je l'ai précisé ci-dessous, on ne peut parler d'actions effectives de recherche, comme nous l'ont expliqué tant les gendarmes en charge de l'enquête que les agents de la Brigade des mineurs : Jo n'est susceptible d'être retrouvée par leurs services que si leur est fourni un renseignement ou si elle est contrôler relativement à son identité. Il me semble que les renseignements que j'ai fourni personnellement n'ont pas été exploités pleinement : en effet, Mle P.P., l'ami de ma fille s'est contredit à plusieurs reprises ; quand à M. G. C., père de J.S., le gendarme m'a dit qu'il avait affirmé n'avoir aucune nouvelle de son fils alors même que la grand-mère de celui-ci venait de me visiter à mon domicile pour me prévenir que celui-ci était arrivé la nuit précédente au domicile de son père! Nous ignorons totalement si le prénommé J. sait où se trouve Jo mais ayant recueilli hier une information auprès d'un habitant de la cité où réside son père, nous savons qu''il lui arrive de passer chez Gilles', aussi le père de Jo, en cette période de vacances scolaires, va-t-il se rendre sur les lieux et procéder à des investigations en vue d'effectuer une recherche d'informations plus précises, de Jo et de J., retenant l'hypothèse qu'ils pourraient se trouver ensemble et sachant que ceux-ci connaissent bien le quartier pour y avoir, à une certaine époque, passés des samedi après-midi avec des camarades y résidant.

Nous vous prions, M. V. et moi-même, d'agréer nos salutations distinguées.

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